Tout commence par un mot ….

Les histoires s’écrivent mais ne se ressemble jamais …

Chapitre 4

 

Quatre jours venaient de s’écouler depuis mon arrivée dans cette maison paysanne.

J’avais trouvé dans la malle une belle robe reflétant ma qualité de Duchesse. Elle était en soie couverte de quelques perles et rubans dans les couleurs fushia. Je dus la reprendre un peu de la taille mais désormais elle m’allait à merveille. J’ai ainsi pu découvrir un talent de couturière. Jour après jour je sentais ce petit être grandir en moi et avoir de moins en moins de place tellement il me donnait de coups de pied.

Larine était au petit soin pour moi, s’occupant de la guérison de ma cheville qui ne tarderait pas. La vitesse à laquelle ma cheville guérissait me surpri, je savais que les plantes avaient beaucoup agi mais au fond de moi, je devinais que de la magie était caché derrière cette rapidité.

Je me promenais dans le potager derrière la maison soutenue tout de même par une canne qui me permettait de ne pas tomber. J’entendis soudain un cheval arriver au galop et qui s’arrêta devant la maison. Je rentrai précipitamment par la porte de derrière menant au cuisine. Je me cachai derrière la porte et attendit. Mon cœur battait à tout rompre dans ma poitrine, la peur qu’on m’ait retrouvée venait de m’envahir tel un éclair.

De ma cachette je ne vis que Larine ouvrir la porte. Une voix que j’aurais reconnue parmi des milliers la gratifia d’un « Bonjour ! » chaleureux. Je sortis de ma cachette et couru dans les bras de François qui m’accueillis un peu surpris de cette entrée. Il me serra tant bien que mal contre lui à cause de la taille de mon ventre.

«  – Vous m’avez manqué, mon frère !

  •  
    • Pour la dernière fois tutoie-moi ! Je suis bien aise de te revoir, tu m’as manqué aussi petite sœur !

       

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        •  
          •  
            •  

                Il la reposa par terre.

       

    • Tu as l’air presque guéris à ce que je constate. »

François me tenait par les épaules pour ne voir qu’un seul petit bandage recouvrant ma cheville. Ayant laissé tomber ma canne, il me proposa son bras pour nous amener au salon où je m’assis dans le fauteuil et lui dans celui d’en face. Je détourna mon regard du sien qui me regardait pour fixer la cheminée toujours vide de feu. Je sentais ses yeux plantés sur moi.

«  – As-tu retrouvé quelques souvenirs depuis ton arrivée ici ?

- Non rien mon frère…

- Alors je te dois des réponses à toutes les questions qui doivent amplir ton esprit… Larine apportez nous donc du thé s’il vous plaît ! »

Je n’avais pas remarqué la vieille dame courbée dans un coin de la pièce. Elle partit dans la cuisine.

François ne dit rien pendant quelques minutes qui me parurent être les plus pesantes depuis ma courte reprise d’esprit. On entendit la bouilloire siffler et Larine arriva quelques secondes plus tard avec un plateau sur lequel étaient déposés des biscuits et les deux tasses fumantes.

Elle posa le plateau sur le bas de la cheminée et donna une tasse à chacun. Je la remerciai et la vis retourner dans son coin. François but une gorgée, se racla la gorge et détourna son regard de moi pour le laisser aller sur la cheminée.

«  – Ton histoire commence un 21 Février de l’année des quatre lunes, il y a maintenant vingt ans. Mère est morte en te donnant le jour après trois longs jours de douleur et de fatigue. Je suis ton aîné de cinq ans. Nous avons vécu dans le domaine de Père qui embaucha Larine pour nous garder et nous éduquer. Père t’a mariée à l’aube de tes quatorze ans à un ancien soldat grognard et puant qui te donna pour héritage à sa mort il y a neuf mois une grande fortune et de nombreux domaines,…mais non l’enfant que tu portes…

  •  
    • Mais si ce n’est pas le père, et que je suis veuve…

Je regardai François se lever et se diriger vers la fenêtre où il lui tournait le dos.

  •  
    • … Tu sais qui est le père? »

Le soleil s’était couché et l’air qui pénétrait dans la maison était glacé. Un frisson me parcourut l’échine. Larine arriva aussitôt avec des bougies qu’elle disposa un peu partout dans la pièce.

«  – Il faut que tu saches aussi quelque chose d’une grande importance. Nous sommes deux royaumes partagés en plusieurs contrées. Nous sommes ici dans le royaume des Hommes où la magie blanche est supérieure à la magie noire. Dans nos deux royaumes quatre êtres d’exception possèdent un don particulier… »

Je l’écoutais avec attention mais le froid m’engourdissait les membres. J’espérais au fond de moi que Larine allait allumer la cheminée mais elle ne bougeait pas de son coin comme attendant quelque chose. J’avais tellement envie de chaleur que je fermai les yeux m’imaginant un feu de cheminée. Quand soudain je sentis réellement la chaleur sur mon corps, j’ouvris les yeux pensant trouver Larine ou Jean s’occupant du bois mais il n’y avait que Larine toujours dans son coin et François tourné vers moi un grand sourire aux lèvres.

«  – Si tu es là, que Larine est là. Qui a allumé le feu? »

François se rapprocha et s’agenouilla devant moi me prenant les mains dans les siennes.

- Je t’ai dit que seul quatre êtres possédaient des pouvoirs, toi, tu as hérité de Mère le don du feu mais tu possèdes aussi le pouvoir du vent. Tu es la seule femme à avoir réussi à faire cohabiter deux dons en un seul corps, car plusieurs hommes avides de pouvoir et de contrôle ont déjà essayés mais on périt dans d’atroces souffrances…

- Il me suffit d’y penser ?

- Oui il te suffit d’y penser ou d’en ressentir une forte envie, enfin c’est ce que tu m’as expliqué il y a quelques années, car tu es née avec ces dons…

  •  
    • Non, non !!…

Je me lève bousculant François qui se retrouva fesses au sol et me colle contre le mur derrière moi.

  •  
    • …c’est impossible, tout ceci n’est pas réel ! »

Tout mon corps tremblait de peur ou de rage, peut-être aussi de soulagement de savoir qui j’étais vraiment. Un monstre au pouvoir destructeur, moi une jeune femme prête à donner la vie. Mes yeux s’étaient remplis de larmes, je les sentais couler le long de mes joues, je mis ma tête dans mes mains.

J’entendis des pas se diriger vers moi, je voulais le repousser mais je n’en avais pas la force. Soudain je sentis un grand coup de vent s’engouffrer dans la pièce, je crus tout d’abord que cela venait de la porte d’entrée qui s’était ouverte malencontreusement mais quand j’entendis un grand fracas non loin de moi et des injures ; je levais les yeux et découvris François au sol contre la bibliothèque où plusieurs livres lui étaient tombés dessus. Mes larmes repartirent de plus belles et je me précipitais vers lui qui s’était assis une main sur la tête. Je m’accroupis à ses côtés.

«  – Je … je suis vraiment désolée, je ne sais pas me maîtriser. Je ne savais pas ce que je faisais…

François me prit dans ses bras et me consola.

- Ce n’est grave ma tendre sœur, j’ai juste une bosse ! Rien de bien méchant ! En revanche, toi, tu as eu trop d’émotion forte dans ton état et je ne veux en aucun cas que tu accouches prématurément, alors tu vas aller dormir !

- Ne me laisse pas…

- Non je resterai avec toi. »

Il m’aida à me relever et m’accompagna jusqu’à ma chambre où Larine lui avait déjà préparé un lit de camp. Je me couchai et m’endormis presque aussitôt avec pour affection un baiser de François sur le front.

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