Tout commence par un mot ….

Les histoires s’écrivent mais ne se ressemble jamais …

Chapitre 11

 

Voilà un mois que François avait été rapatrié au château. Après un long coma de

quinze jours, il c’était réveillé un soir dans un cri de douleur qui réveilla toute la maisonnée. Ces blessures se guérissaient peu à peu, celle de l’épaule s’était refermée, et les bleus c’étaient effacés. Mais il restait toujours la profonde blessure à la cuisse qui se refermait avec plus de mal et de douleur pour François.

Cela faisait un mois que François venait de reprendre conscience et goût à la vie. Je venais le voir tous les jours.

J’avais un emploi du temps très chargé mais qui me permettait de faire tout ce dont j’avais envie.

Ainsi tous les matins je me réveillai seul dans le grand lit froid, je me levai pour prendre ma petite fille dans les bras, la bercer doucement assise dans mon fauteuil à bascule pour lui donner le sein. Sur les coups de 10h, vêtu de mon armure je laissai ma fille à la nourrice et descendais pour mon entraînement d’arme qui durait trois heures, chaque jour. Vers le début de l’après-midi, je montai me changer et nourrissais ma fille et la changer. Nous rejoignions toutes les deux la chambre de François où nous allions déjeuner en sa compagnie. Après le repas je laissai ma fille à François et rejoignais mon maître de pouvoirs afin de réussir à me contrôler. Cela me demandait à chaque fois un très gros effort mental, et m’épuisai beaucoup mais j’étais contente des performances que j’avais effectuées depuis quelques mois. Je peux désormais maîtriser l’intensité des flammes et la violence du vent. Le dîner je le prenais seule ou en compagnie de François, cela dépendait de sa fatigue et du temps libre de Lior.

Nous étions un vendredi de février, la neige tombait doucement sur les toits de la ville depuis le début de la soirée. Avec Lior, nous avions rejoint notre chambre conjugale après le dîner.

Ce que je ne savais pas c’est que cette nuit annonçait le commencement des trois jours les plus atroces de mon existence.

Cette nuit là, pour la première fois depuis mon réveil dans la forêt, je dormais paisiblement dans les bras de Lior. Soudain je fus réveillée en sursaut par un courant d’air glacial qui tourna dans la chambre quelques secondes puis disparus comme il était arrivé. Je m’assis dans le lit et jetai un coup d’œil dans la chambre assombrie par la nuit sans lune.

Lior aussi était réveillé et se mit en position assise un bras enlaçant ma taille, puis me fixa interrogatif.

- C’est toi, ma Clarisse, qui a fait ça ?

- Non ce n’est pas moi, je dormais. Je n’y suis pour rien.

Je me pencha pour allumer un bougeoir qui se trouvait sur la table de nuit. La chambre s’éclaira. Les fenêtres étaient toutes closes, le vent ne les avait pas ouvertes.

- Chérie, il n’y a rien dans la chambre, tu es la seule à posséder ce don. Peut être que dans ton rêve tu …

- Non je te dis que je n’y suis pour rien, je faisais un beau rêve, … je dormais paisiblement depuis longtemps.

Un autre courant d’air envahit la chambre, mais cette fois-ci il n’était pas glacial; c’était doux presque chaud et la bougie ne s’éteignit pas.

Malgré l’air je fus prise d’un frisson qui me parcourut le dos. Lior s’en aperçut et m’enlaça plus fortement.

- Faut que je sache d’où ça vien.

Je me levai suivi de Lior qui déposa une robe de chambre sur mes épaules et m’enlaça de nouveau par la taille. Je me dirigeai vers l’une des fenêtres, la nuit était si sombre que l’on ne distinguait rien de plus que les quelques lanternes que possédaient la cité. Je tournai le visage vers celui de mon époux qui fixait l’horizon. Je percevais de la peur dans son regard mais aussi un petit air soucieux.

Mes pensées se tournèrent vers ma fille qui se tenait non loin dans son berceau. Les changements de température n’avaient pas dû l’effrayer car elle ne pleurait pas. Je me dégageai des bras de mon mari qui ne me retint pas mais me suivait du regard.

Dans le berceau, la petite Taïla me regardait avec ses grands yeux vert émeraude comme son père. Je la pris dans mes bras et la berçai.

- Tu n’as rien à craindre ma puce, tout va bien…

Un nouvel air glacial passa derrière moi. Je me retournai pour découvrir le visage souriant de Lior;

- Pourquoi souris-tu ? On ne sait pas ce qui nous arrive !

- Ma chérie, je souris parce que je viens de comprendre.

  •  
    • Comprendre quoi ?

    • Pose Taïla et rejoins-moi… n’ai pas peur. Viens …

Je l’écouta, et pris la main qu’il me tendait après avoir déposé notre fille dans le berceau.

Quelques secondes plus tard un souffle tiède caressa ma joue. La peur me reprit et je me précipitai de nouveau vers le berceau pour prendre Taïla dans mes bras. Elle gazouillait comme ravie que je vienne immédiatement mais je ne compris que lorsque Lior m’expliqua souriant et se rapprochant de nous à pas lents.

  •  
    • Pourquoi souris-tu encore, rien ne t’effraie où quoi ?

Je m’exclamai, furieuse.

  •  
    • Je ne suis pas effrayé par la petite crevette que tu tiens dans tes bras.

Il sourit de nouveau et cela m’agaçait.

  •  
    • Où veut-tu en venir ? …

Lior regarda notre fille qui lui souriait.

  •  
    • … c’est elle qui fait cela ?

- Taïla est le fruit de notre amour et de nos deux corps, ainsi je crois qu’elle porte en elle nos quatre pouvoirs réunis. Depuis sa naissance je suis le seul à l’avoir entendu pleurer, tu es chaque minute avec elle et ainsi elle n’a pas besoin de se faire entendre. Mais cette nuit, tu as dormi paisiblement et tu ne t’es pas réveillais pour l’heure du biberon.

- Alors ces courants d’air c’est juste notre bout de chou qui a faim ?

- Oui, c’est juste elle. Et je crois aussi qu’elle grandit plus vite que les bébés normaux mais je te raconterai cela demain. Il se fait tard et tu as besoin de rattraper ton sommeil. Nourris-la et reviens te coucher.

Il déposa un baiser sur le front de la petite et un autre sur mes lèvres, puis alla se rallonger sous les couvertures.

Comme une automate je donnai le sein à Taïla, après le rot, je la remis dans son berceau et alla rejoindre mon mari qui était déjà aux portes du sommeil. Je me pelotonnai dans les couvertures et posai ma tête au creux de son épaule. Je me rendormis sans mal au rythme des battements de son cœur.

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